Le numérique est omniprésent dans notre quotidien, mais cela ne signifie pas que tout le monde maîtrise ses codes et outils avec aisance. En 2025, si la grande majorité des Français possèdent un smartphone et que près d’un tiers a utilisé l’intelligence artificielle générative, les disparités restent criantes. Les plus âgés, les moins diplômés et les foyers modestes font face à des difficultés concrètes, souvent invisibles dans les statistiques globales. Ce constat met à jour un clivage profond entre une population ultra-connectée, souvent jeune et instruite, et des publics marginalisés, fragilisés par des compétences numériques insuffisantes ou un accès limité aux technologies. Alors que l’IA s’invite dans les usages quotidiens, comprendre ces fractures est essentiel pour bâtir une société plus inclusive et renforcer l’engagement réel, notamment dans le webmarketing et la communication digitale.
En bref :
- 84 % des Français disposaient d’un smartphone en 2025, un équipement désormais quasi universel.
- 37 % des 16-74 ans ont utilisé l’intelligence artificielle générative récemment, avec un usage très marqué chez les jeunes et étudiants.
- 7 % de la population souffre d’illectronisme, un taux qui monte à 17 % chez les 60-74 ans et 35 % pour les seniors peu diplômés.
- Les compétences numériques avancées sont atteintes par seulement 35 % des Français, un pourcentage qui diminue fortement avec l’âge et le niveau d’éducation.
- La protection de la vie privée et la maitrise des logiciels restent les domaines les plus délaissés dans les savoirs numériques.
Des smartphones presque universels, mais un illectronisme qui perdure
Vous avez sans doute remarqué à quel point le smartphone est devenu le compagnon incontournable des Français, quel que soit leur profil. En 2025, 84 % des Français âgés de 15 ans et plus possédaient ce petit bijou technologique. C’est une avancée considérable quand on sait qu’il y a à peine 20 ans, le téléphone mobile n’était pas aussi démocratisé. Pourtant, derrière ce chiffre flatteur se cache une réalité plus nuancée. Le taux de non-équipement reste significatif, notamment chez les plus de 75 ans où il atteint plus de 30 %. Ce sont souvent ces seniors qui font face à l’illectronisme, une fracture numérique qui les prive d’accès et d’usages élémentaires sur Internet.
L’illectronisme concerne globalement 7 % des Français de 16 à 74 ans, regroupant les non-initiés au numérique, non-internautes ou internautes sans compétences. Si ce taux semble marginal, il grimpe rapidement selon l’âge et le diplôme. Chez les 60-74 ans peinant à décrocher leur brevet, ce taux explose à 35 %.
Illectronisme : un phénomène concentré et clairement identifié
Ce n’est pas forcément un scoop pour ceux qui accompagnent des publics fragilisés en communication digitale : l’illectronisme ne frappe pas de manière uniforme. Les seniors peu diplômés restent le groupe le plus vulnérable. Leurs difficultés à naviguer sur internet ou à effectuer des démarches en ligne créent un cercle vicieux d’exclusion numérique.
En parallèle, la géographie semble jouer un rôle limité. Les écarts d’équipement entre zones urbaines et rurales sont minimes, ce qui confirme que le vrai critère discriminant reste le niveau d’éducation et l’âge.
Des compétences numériques encore largement inégales et souvent basiques
Regardons de plus près ce que signifie maîtriser le numérique en 2025. On observe que seulement 35 % des Français disposent d’un niveau avancé de compétences numériques. Cela inclut des aptitudes allant de la communication en ligne à la résolution de problèmes techniques.
Les jeunes ne sont pas forcément champions du numérique comme on pourrait le croire : même chez les 16-29 ans, moins de la moitié (51 %) ont un niveau avancé. En revanche, ils tirent largement le groupe pour ce qui est de l’usage de l’IA générative, un signe que leurs usages sont peut-être plus novateurs mais pas toujours approfondis.
Les compétences évaluées par l’INSEE touchent plusieurs domaines clés :
- La communication est le point fort : 85 % des Français ont des notions avancées, ce qui reflète l’usage massif des réseaux sociaux et messageries instantanées.
- La recherche d’information suit avec 71 %, soulignant la maîtrise des moteurs de recherche et des contenus en ligne.
- La résolution de problèmes numériques est à 67 %, démontrant un certain savoir-faire technique mais perfectible.
- À l’inverse, la protection de la vie privée ne convainc que 53 % des sondés, avec un sentiment d’insécurité ou d’incompréhension chez beaucoup.
- Enfin, l’usage des logiciels reste faible à 56 % pour les niveaux avancés, ce qui freine une vraie autonomie professionnelle ou personnelle.
L’intelligence artificielle générative : une adoption rapide mais inégalitaire
Passons à un gadget devenu incontournable : l’IA générative. Elle séduit déjà un tiers de la population française (37 %) qui l’a expérimentée récemment. Mais cette adoption est loin d’être homogène. Parmi les 16-29 ans, on atteint jusqu’à 73 % d’utilisateurs réguliers. Les étudiants sont les plus assidus, avec un taux impressionnant de 85 % et un usage principalement axé sur l’apprentissage. En effet, 87 % d’entre eux utilisent l’IA pour améliorer leurs capacités d’étude et de travail.
Les actifs en emploi et les chômeurs utilisent l’IA surtout pour des raisons personnelles, mais les usages professionnels ne sont pas en reste : environ 61 % des salariés connectés en font un outil de travail. Le tableau ci-dessous résume ces tendances :
| Catégorie | Taux d’utilisation IA générative | Motif principal d’usage |
|---|---|---|
| Étudiants | 85 % | Apprentissage (87 %) |
| Actifs en emploi | 40 % | Usage personnel (75 %), usage pro (61 %) |
| Chômeurs | 43 % | Usage personnel (majoritaire) |
| 60-74 ans | 9 % | Faible usage, surtout personnel |
Inégalités d’équipement numérique : smartphone, ordinateur et tablette
Concernant l’équipement numérique à domicile, on note que près de 80 % des Français possèdent un ordinateur, tandis que les tablettes restent moins utilisées (40,5 %). Le smartphone surpasse clairement tout avec ses 84 % de taux de pénétration. Ces écrans deviennent la première porte d’entrée vers l’Internet, rendant la maîtrise du mobile essentielle pour ne pas rester à la traîne.
Pour autant, l’accès dépend toujours fortement du niveau de vie. Par exemple, 90 % des foyers aisés ont un ordinateur, contre environ 70 % dans les ménages plus modestes. Le téléphone mobile, en revanche, fait preuve d’une plus grande démocratisation, réduisant cet écart à une douzaine de points.
Chez les seniors, les équipements chutent nettement après 75 ans, avec près de 35 % sans aucun appareil numérique, un chiffre qu’il faut examiner avec attention pour imaginer des stratégies adaptées d’accompagnement et d’apprentissage.
- Smartphone : 84,2 % des Français équipés
- Ordinateur : 79,4 % des Français équipés
- Tablette : 40,5 % des Français équipés
- Liseuse : 9 % seulement
- Non-équipés : 7,2 % au total (34,6 % chez les plus de 75 ans)
Qu’est-ce que l’illectronisme ?
L’illectronisme regroupe les difficultés ou incapacités à utiliser les outils numériques, qu’il s’agisse de non-accès à Internet, de manque de compétences pour naviguer ou réaliser des actions en ligne.
Quelles sont les principales compétences numériques manquantes en France ?
Les domaines les plus déficitaires sont la protection de la vie privée et la maîtrise des logiciels, deux sphères cruciales pour une réelle autonomie et sécurité sur Internet.
Comment l’IA générative est-elle utilisée par les Français ?
Elle est surtout plébiscitée par les jeunes et les étudiants pour l’apprentissage, mais gagne aussi du terrain dans les usages professionnels, notamment chez les actifs.
Le smartphone est-il vraiment démocratisé en France ?
Oui, avec plus de 80 % d’équipement, le smartphone est l’outil numérique le plus adopté, y compris dans les milieux modestes, même si les seniors très âgés restent sur la touche.
Quels moteurs peuvent aider à réduire l’illectronisme ?
L’éducation ciblée, la formation continue, ainsi que des interfaces simplifiées sont des pistes essentielles pour permettre aux publics fragiles de mieux accéder et utiliser les outils numériques.