en france, la plupart des décideurs it privilégient l'expansion des équipes pour accompagner la croissance, malgré l'essor rapide de l'intelligence artificielle.

En France, la majorité des décideurs IT mise sur la croissance des équipes malgré l’essor de l’IA

19 août 2026

- Par : Fanny

En 2026, alors que l’intelligence artificielle continue de redéfinir les modes de travail et les environnements technologiques, la tendance surprenante en France est loin des craintes habituelles autour de la suppression d’emplois IT. En réalité, une majorité de décideurs informatiques misent sur un renforcement significatif de leurs équipes. Cette dynamique s’appuie sur un rapport approfondi conduit auprès de plus de 400 décideurs français, qui révèle que 62 % d’entre eux anticipent des recrutements accrus dans les trois prochaines années. Ce positionnement optimiste place l’Hexagone au-dessus de grandes puissances comme les États-Unis et le Japon en matière de perspectives d’embauche IT, entraînant un tournant où l’IA est davantage perçue comme une opportunité de croissance que comme une menace.

Le besoin croissant en compétences nouvelles, spécifiquement liées à l’IA, crée un effet de levier sur les recrutements. Les profils d’opérateurs d’agents IA, d’experts en sécurité et gouvernance de cette technologie sont particulièrement prisés. Parallèlement, même si l’intégration des agents IA se démocratise massivement – avec 83 % des organisations françaises s’appuyant dessus – la gouvernance et la gestion sécuritaire des données restent des enjeux majeurs pour ces entreprises. Ainsi, derrière la volonté d’embauche se cache une formidable nécessité de structurer et de sécuriser les usages de l’intelligence artificielle afin d’en tirer un véritable bénéfice durable. Retour sur ce phénomène qui illustre parfaitement l’adaptation du marché de l’IT face à la révolution IA.

Des recrutements IT en hausse face à l’essor des agents IA en entreprise

Fini le mythe de la disparition massive d’emplois liée à l’IA. En France, 62 % des décideurs informatiques prévoient d’augmenter leurs effectifs dans les trois ans à venir. Ce chiffre, issu du rapport annuel de Box mené avec The Harris Poll, place la France devant des pays comme les États-Unis (58 %) et le Japon (48 %), même si le Royaume-Uni affiche un léger avantage (65 %).

Ce dynamisme reflète une réalité où l’IA devient un levier d’innovation plutôt qu’un facteur de suppression. Par exemple, dans une PME parisienne spécialisée en cybersécurité, le service IT a embauché cette année plusieurs profils dédiés à l’administration d’outils IA pour faire face à une montée en charge des demandes internes. Tout comme cette community manager ayant observé une forte hausse des projets IA sur son réseau social professionnel, les décideurs français se préparent activement à soutenir ces nouvelles missions.

Les métiers de l’IA dynamisent les équipes IT

Les emplois liés directement à l’IA ne cessent de se multiplier :

  • Opérateurs d’agents IA au sein du service informatique (44 % des embauches liées à l’IA) pour gérer, monitorer et optimiser les performances des agents.
  • Experts en sécurité, risques et conformité liés à l’IA (37 %) assurant la protection des données et le respect des normes.
  • Opérateurs d’agents dans les fonctions métier (31 %) qui intègrent et adaptent l’IA directement aux besoins spécifiques des différents services.

Les entreprises françaises sont clairement engagées dans la mise en place de « frontières intelligentes » en matière d’embauche, aucune structure d’avant-garde ne déclare ne recruter aucun poste lié à l’IA. En effet, parce que les technologies évoluent vite, le marché du travail IT doit se montrer flexible, capable de s’adapter aux besoins opérationnels réels et pas seulement aux théories du moment.

Une industrialisation progressive mais prudente des agents IA

Face à l’adoption massive des agents IA – 83 % des entreprises en exploitent – la majorité reste prudente à leur autonomie complète, avec seulement 19 % les déployant à grande échelle sans intervention humaine constante. Un point crucial est l’accès aux contenus internes. Alors que la quasi-totalité des décideurs (94 %) le considère indispensable, seulement un tiers (34 %) y parvient à un niveau satisfaisant sur la diversité des usages attachés à l’IA.

Les obstacles restent très concrets :

  • Problèmes de sécurité et confidentialité (38 %), la priorité absolue pour protéger les informations sensibles.
  • Fragmentation des données entre systèmes (25 %), freinant la fluidité et la compréhension globale.
  • Difficulté d’intégrer l’IA aux infrastructures actuelles (24 %), nécessitant une révision des architectures IT existantes.

Cette étape fait l’objet d’un véritable chantier stratégique, comme l’explique Mike Carlino, consultant chez Deloitte : « Il faut d’abord poser des bases solides avant de miser sur l’industrialisation de l’IA ».

Gouvernance de l’IA : un cadre élaboré face à des moyens perfectibles

Si près des trois quarts (73 %) des organisations déclarent détenir un cadre de gouvernance de l’IA établi ou avancé, cette avancée peine à se concrétiser par des dispositifs opérationnels pleinement efficients :

Indicateur de gouvernance Pourcentage d’entreprises concernées
Visibilité complète sur les usages autorisés et non autorisés de l’IA 39 %
Normes formelles encadrant l’accès des agents aux données 34 %
Incidents signalant un accès incorrect aux contenus via IA 49 %

Ce décalage entre ambition et pratique souligne l’importance de poursuivre les efforts sur la mise en place d’une gouvernance efficace. Sans un cadre solide, les risques liés au shadow IA et à la fuite de données restent réels. En parallèle, un large consensus émerge (93 % des décideurs) sur le fait qu’une meilleure gouvernance permettrait de développer plus rapidement et sereinement les usages de l’IA. Le mot d’ordre : évaluer précisément les cas d’utilisation, en ne perdant jamais de vue la sécurité et la confidentialité.

Une volonté marquée d’éviter la dépendance à un fournisseur unique

La pluralité est vécue comme une bouffée d’air frais par les entreprises :

  • 68 % des décideurs redoutent la dépendance à un seul fournisseur ou modèle d’IA.
  • 3,3 outils d’IA en moyenne sont utilisés par entreprise, déployant une stratégie multimodèle.
  • 44 % plébiscitent une approche multimodèle pour faire évoluer leur IA, contre seulement 23 % ayant choisi la standardisation autour d’un unique fournisseur.

Ce cadrage multiple permet d’équilibrer performance, innovation et sécurité, tout en réduisant les risques liés à des dépendances techniques ou commerciales. Le pilotage des projets IA est également partagé :

Responsabilité % d’entreprises concernées
Gestion de l’infrastructure et budget de calcul 45 % (informatique)
Dépenses applicatives Pas moins de 38 % (liées aux métiers et performatives via la rémunération)
Projet IA le plus réussi piloté par équipe centrale dédiée 18 %
Projets réussis issus d’une collaboration entre équipes centrales et directions métiers 27 %

Une réelle mutation culturelle pour accompagner l’évolution des métiers

L’essor de l’IA réinvente aussi la culture d’entreprise. Au-delà des recrutements et des technologies, c’est une transformation humaine et managériale qui se dessine. La montée en compétence des équipes, l’intégration d’experts en IA dans les comités de direction et l’évolution des pratiques collaboratives sont au cœur de ce changement.

Entre nous, cette évolution rappelle celle vécue il y a quelques années lors de la digitalisation massive : nécessaire, parfois déstabilisante, mais qui ouvre surtout la voie à une nouvelle efficacité. Les décideurs IT comprennent que pour tirer pleinement parti de l’IA, il faut miser sur l’humain autant que sur la machine.

L’IA va-t-elle vraiment remplacer les équipes IT ?

Non, en France la majorité des décideurs informatiques planifient au contraire une croissance des effectifs IT pour accompagner l’adoption de l’IA, notamment pour gérer et sécuriser ces nouvelles technologies.

Quels sont les postes émergents liés à l’IA ?

Les postes les plus recherchés concernent les opérateurs d’agents IA, les experts en sécurité et conformité IA, ainsi que les spécialistes métier intégrant l’IA dans les processus.

Pourquoi la gouvernance de l’IA est-elle un enjeu crucial ?

Une bonne gouvernance garantit la sécurité des données, évite les incidents d’accès non autorisés et permet un développement serein de l’IA dans l’entreprise.

Comment éviter la dépendance à un fournisseur d’IA ?

La plupart des organisations privilégient une stratégie multimodèle, utilisant plusieurs outils d’IA afin de diversifier leurs risques et maximiser les performances.